« Chapitre IV | Page d'accueil | A dix heures et demie... »

César, en la voyant...

César, en la voyant, ne put retenir un geste de contrariété, et Zozo Pattes-en-l’air observa, gracieuse :
— Tiens ! mais, c’est Fleur-de-Paris, l’une des plus habiles ouvrières de Mme Gerbaud, ma modiste, avenue de l’Opéra !
Et, la dextre tendue :
— Vous allez bien, Fleur-de-Paris ?
— Oui, madame, je vous remercie, balbutia la jeune fille.
— Vous connaissez donc M. César, que vous lui rendez visite ?
Le sculpteur intervint, très embarrassé :
— Mlle Georgette Lagneau me fait l’honneur de venir poser quelquefois la main, qu’elle a charmante.
Et, à la jeune ouvrière :
— Veuillez entrer, mademoiselle... Je suis à vous dans un instant…
Puis, se tournant vers ses modèles :
— Au revoir, mesdames !... Séance demain, deux heures !
Vénus, Minerve et Junon sortirent, en ricanant, et le duc Melchior, qui prenait congé de l’artiste, lui glissa à l’oreille :
— Eh ! eh ! mon bon, très smart, la petite modiste !... Félicitations, cher !
Seul avec la visiteuse, Brantôme l’attira contre sa poitrine et la baisa tendrement sur les joues :
— Comment se fait-il que tu viennes à cette heure, mignonne ?... Je te l’avais défendu...
Georgette levait le front, et César vit briller des larmes en ses beaux yeux, d’ordinaire pétillants de gaîté et de malice.
Il dit, inquiet :
— Mais qu’as-tu donc, ma petite Fleur ? Jamais je ne t’ai observée ainsi ?... Toi, la joie et le rire, tu es sombre… Tu pleures ?... Parle vite, mignonne ? Que t’est-il arrivé ?
Elle répondit, s’efforçant de sourire :
— J’avais besoin de te voir, César... Oh ! j’ai le coeur bien gros, va !
Installé en un divan, il fit asseoir Georgette sur ses genoux ; puis, de son mouchoir et avec d’infinies tendresses, il essuya les larmes jusqu’alors inconnues, ces larmes qu’on eût pris pour des gouttes de rosée matinale et qui faisaient se pencher cette fleur de jeunesse, de beauté et d’amour.
— Est-ce que ta patronne t’a renvoyée ? Est-ce que quelqu’un t’a occasionné du chagrin ?
— Oui... toi..., murmura Georgette, mais, je ne t’en veux pas... et, d’ailleurs, je suis peut-être folle !...
— Explique-toi, je t’en prie ?
— Il me semble que tu ne m’aimes plus autant que le premier soir de nos amours... Oh ! non ! tu ne me regardes plus de la même manière, et souvent, tes modèles ou tes amis disparus, ma présence te contrarie... te gêne…
II la caressait doucement, animé d’une grande pitié envers cette adorable créature qui donna à l’homme la virginité de sa chair et de son coeur, et qui, maintenant, voyait en l’artiste une idole, un dieu !
— Tu as raison... tu es folle, ma petite Fleur-de-Paris...
Elle se dressa, pleine d’orgueil, et les deux mains posées sur les épaules de l’amant, elle l’interrogeait des yeux :
— Tu as raison... tu es folle, ma petite Fleur-de-Paris...
Elle se dressa, pleine d’orgueil, et les deux mains posées sur les épaules de l’amant, elle l’interrogeait des yeux :
— Mon César, tu m’aimes toujours ?
— En peux-tu douter ? Oui, je t’aime !
— Répète encore ?
— Je t’aime !
Pendue à son cou, elle l’embrassait avec ardeur :
— Merci, César ! Oh ! merci ! Tu me rends bien heureuse, et je te promets de faire tout ce que je pourrai pour n’être plus jalouse !
— Jalouse, toi ? dit Brantôme, avec un sourire forcé… Ah ! ce n’est pas, j’imagine, de Mlle Pattes-en-l’air, ni de Mlle Grosses-Lèvres, ni de Mlle Bistoquette, que tu as aperçues ici, tout à l’heure ?
Elle riait maintenant, la petite Parisienne ; elle riait de ses terreurs ; elle riait de la drôle d’idée qui l’obligea à se détourner de ses courses pour surprendre l’amant et lui avouer son inquiétude.
Fleur-de-Paris déclara :
— Oh ! non !... ces… demoiselles-là... tes modèles… ne comptent pas... et je sais bien que je vaux mieux que toutes les Pattes-en-l’air du Moulin-Rouge... Mais, vois-tu mon César, la jalousie c’est comme l’amour, ça ne se commande point !... On est jaloux, parce qu’on est jaloux !
— Enfant !
— Mais, puisque tu me jures que tu n’aimes que moi, je suis bien tranquille… car tu me le jures, n’est-ce pas ?
— Oui, ma chérie… bégaya l’artiste, profondément troublé.
— Tu me jures aussi que le jour où tu ne m’aimeras plus... ou tu auras assez de ta pauvre petite Fleur, tu me le diras loyalement ?
— Oui… mais, tais-toi, ma Georgette…
— Laisse-moi finir... Je sais bien qu’un homme de ton monde et un artiste de ta valeur ne peut rester éternellement avec une humble ouvrière comme moi… Un jour, tu songeras à te marier... Eh bien, ce jour-là, je serai malheureuse... très malheureuse... mais je ne t’en voudrai pas… Je suis une fille raisonnable, moi... Je ne connais pas grand-chose de la vie... mais, je n’ignore point certaines exigences… Tu me préviendras, César, pour que j’aie le temps de m’y faire…
Il avait sur les lèvres, ce grand et loyal artiste, l’aveu terrible que lui demandait sa gentille maîtresse, mais il hésitait à briser ce coeur tout plein de lui et ajournait l’heure des explications.
Certes, en rencontrant Georgette Lagneau, pour la première fois, un dimanche, aux Buttes-Chaumont, où elle se promenait avec des camarades d’atelier, César fut charmé de sa grâce juvénile, de sa luxuriante beauté, mais il ne pensait pas à faire d’elle sa maîtresse.
Il n’eut pas le « coup de foudre » ; et, lorsque après maints rendez-vous, Mlle Georgette Lagneau, vierge, devint sienne, il l’aimait follement, sincèrement, et il crut ne pouvoir jamais aimer qu’elle.
Mais voilà que, tout à coup, une autre beauté lui apparut, et l’image de Georgette s’évanouit devant celle d’une jeune fille du monde, que maintenant il adorait. 
 Au commencement de ce même hiver, un après-midi, en ce même atelier du boulevard Rochechouart, Brantôme reçut la visite du général Lucien Le Corbeiller, accompagné de sa fille. Le vieillard venait commander son buste au jeune artiste – une surprise qu’il ménageait à Antonia pour l’anniversaire de leur mariage.
Pendant les questions de prix et de l’ordre des poses, aisément réglées entre le sculpteur et l’ancien officier général, Ève examinait les merveilles de l’atelier, et elle demanda au jeune artiste :
— C’est vous, monsieur, qui êtes l’auteur du buste de Mme la duchesse de Chandor, qui se trouve dans le grand salon de son hôtel ?
— Oui, mademoiselle, c’est moi, répondit-il, ému de la noble allure et de la beauté de la jeune fille.
— J’ai bien souvent admiré votre oeuvre, monsieur... Elle est superbe ! Et j’ai engagé mon père à venir vous trouver…
— Votre choix me touche d’autant plus, mademoiselle, que les plus grands artistes eussent été glorieux de fixer sur le marbre les traits du général Le Corbeiller, l’un des héros de Gravelotte !
Et s’inclinant devant Ève :
— Je ferai tous mes efforts pour me montrer digne de la confiance dont monsieur votre père et vous-même voulez bien m’honorer.
Ce fut tout, et cependant ce fut assez pour qu’ils se comprissent en dehors des banales déclarations.
Le général et Ève s’éloignèrent, et, en vain, ce jour-là, Brantôme essaya de se mettre à l’ouvrage… Peine perdue !...
L’ombre gracieuse de Mlle Le Corbeiller planait autour de lui, et sa voix arrivait encore comme un murmure à ses oreilles.
César travaillait, à cette époque, au buste de sa jeune maîtresse Fleur-de-Paris ; le lendemain – son modèle présent – il voulut éloigner de son esprit et de ses yeux l’image d’Ève et continuer l’œuvre ; mais, ô puissance de l’amour ! les traits de Georgette se fondaient, sous ses doigts, en ceux de la nouvelle image.
Le général vint poser à l’atelier, souvent escorté de sa fille, et, durant les séances, Ève et son platonique amoureux purent échanger des regards qui n’échappèrent pas à la sagacité du vieillard.
Cinq semaines s’étaient écoulées, depuis l’événement tragique, et le buste du mort attendait là que le sculpteur eût des nouvelles de la rue Saint-Dominique.
Pauvre et brave Fleur-de-Paris !
Déjà, les paroles de l’amant dissipaient ses craintes ; et, alerte et gaie, elle allait, venait, emplisssant l’atelier du parfum de sa jeunesse, arrosant les verdures des jardinières, remettant en place tous les objets, réparant le désordre des modèles ou des amis.
Tout à coup, Georgette s’écria, les yeux vers une grande horloge Louis XIII :
— Aïe !... Aïe !... Quatre heures dix !... Je me sauve !... C’est moi qui vais en recevoir un abatage de la patronne !... A bientôt, mon chéri !... Je m’en vais plus contente que je ne suis venue !... J’étais toquée !
Il eût fallu être bien vidé pour résister à la gentillesse de cette adorable petite créature.
César oublia Ève et, saisissant Fleur-de-Paris, il la pressait contre lui, en même temps qu’il la baisait à pleines lèvres.
— Voilà qui est bon ! Voilà comme je t’aime, mon César ! roucoulait Georgette, amoureuse.
Il l’emportait dans la chambre voisine, mais, à ce moment, la porte s’ouvrit, et quelqu’un entra :
— Imbécile ! Idiot ! Crétin ! glapit César, en lâchant sa maîtresse.
Celui qui arrivait était un petit être difforme, vêtu d’un complet gris assez propre, aux jambes minuscules, aux bras démesurés, le visage maigre, imberbe, la chevelure noire, broussailleuse, des yeux clignotants, avec dans l’échine une énorme bosse. Il se nommait Julien, dit Boule-au-Dos.
Brantôme l’avait trouvé, un soir, couché sous une porte, à demi mort de froid et de faim. N’écoutant que son coeur, l’artiste le recueillit, et, depuis trois semaines, moins par besoin que par pitié, ayant déjà une servante, il gardait comme domestique le malheureux infirme.
— Qu’est-ce que tu veux ? demanda le jeune artiste… Pourquoi es-tu entré sans frapper ?
— J’ai frappé, monsieur César… et... je ne pouvais pas deviner…
— Ne me rase pas plus longtemps... Qu’y a-t-il ?
— Il y a dans l’antichambre deux dames qui désirent vous voir...
— Ont-elles indiqué leurs noms ?
— Pas encore, monsieur, mais ce sont des dames très chic !... Elles descendent d’un coupé de maître…
Tout en parlant, le petit bossu dardait sur Fleur-de-Paris ses prunelles allumées, rouges comme deux braises, et lui faisait signe qu’il avait quelque chose à lui dire.
César ordonna :
— Introduis ces dames, Boule-au-Dos !
Puis, se ravisant :
— J’y vais moi-même.
Et à sa maîtresse :
— Toi, mignonne, passe dans la chambre... Je n’en ai que pour quelques instants avec mes visiteuses, des clientes probablement... Une commande !... Hum ! J’en ai besoin !
Brantôme sortit, et, comme Mlle Lagneau arrivait dans la chambre, Boule-au-Dos, qui cherchait à faire l’entremetteur, s’élança vers elle :
— Que faudra-t-il répondre au vieux monsieur, mademoiselle Georgette ?
La jeune modiste le repoussait :
— Allez-vous-en, Boule-au-Dos ! Vous me faites horreur !
Il ricana :
— Fleur-de-Paris, je ne vous demande pas si je vous fais horreur ; je vous demande ce que je dois répondre au vieux monsieur ?
— Petit vilain, je vous ferai chasser par votre maître !
— Pas de danger ! Vous avez bien trop peur de moi !... Est-ce oui ou non, pour le birbe ?
— Non ! non ! non ! mille fois non !
— Vous avez tort, la Fleur , car le vieux est un bon chopin !
Le sculpteur introduisait les visiteuses, et Georgette n’eut que le temps de se sauver dans la chambre, tandis que Boule-au-Dos se faufilait dehors, en rasant les murailles.
Habillées de noir, les deux dames qui entrèrent portaient de longs voiles de deuil retombant sur leurs visages. L’artiste indiqua des fauteuils.
Elles prirent place, et l’une d’elles, la plus grande, leva son voile et commença :
— Je suis Mme Le Corbeiller, monsieur, et ma chère belle-fille m’ayant appris la surprise que mon pauvre mari me réservait, nous venons, Ève et moi, savoir où vous en êtes de votre œuvre ?
Devant la beauté vraiment sculpturale et majestueuse d’Antonia, le jeune artiste resta un moment ébloui ; mais il portait les yeux sur Ève, qui, elle aussi, avait relevé son voile, et l’émotion de l’homme fut si grande que Mme Le Corbeiller s’en alarma :
— Tiens, c’est vrai, vous connaissez ma chère Ève, monsieur Brantôme ?
César murmurait, tremblant :
— Mlle Le Corbeiller a bien voulu assister deux ou trois fois aux séances que le général me fit l’honneur de m’accorder...
Ève aurait voulu parler, dire un mot ou faire un geste, mais ses oreilles bourdonnèrent, son coeur battit violemment, et elle demeurait là, inerte et pâle, aussi blanche que les statues de marbre assemblées autour d’elle.
Il y eut un grand silence.
Antonia regardait le sculpteur de ses yeux verts, profonds, perfides, et ses lèvres vivaces s’agitaient en un mouvement nerveux. Un immense désir la prit de cet homme qui ne pouvait la reconnaître, mais qu’elle avait vu, la veille, si brave, et qu’elle voyait si beau. Le souvenir de tous les amants et amours saphiques s’effaçait, et elle rêva de l’avoir de suite ! Et, cependant, aux morsures de la chair se mêlait un sentiment tout autre, et, chez elle, nouveau, un culte plus élevé, un besoin de sacrifice ; vraiment, il lui semblait que pour ce jeune homme, son sauveur, elle n’hésiterait pas à donner son sang, et Mme Barbe-Bleue eut peur de l’aimer.
Alors, luttant contre la flamme qui la dévorait et qu’elle se sentait impuissante à éteindre, elle se leva, et très calme en apparence, souriante même, elle dit au sculpteur :
— Nous ne voulons pas abuser de vos instants, monsieur Brantôme... Veuillez être assez aimable pour nous montrer le buste de mon regretté mari ?
L’artiste mena les deux dames vers le fond de l’atelier où resplendissait le portrait du général.
Ève, dévotieusement, glorifiait l’œuvre ; et, tout en ayant l’air d’applaudir, la meurtrière ne voyait rien, et elle songeait, le front bas, terrible :
— Non ! non ! Je ne veux pas l’aimer ! Je veux le traiter comme les autres !... Un esclave... oui ! Un maître... jamais !...
Mlle Le Corbeiller et Brantôme s’étaient rapprochés ; leurs mains s’unirent.
La générale souriait :
— Tous mes compliments, monsieur ! Vous venez d’ajouter un chef-d’œuvre à vos admirables travaux !... Quand nous enverrez-vous le portrait que je brûle de voir à l’hôtel ?
Il s’inclina et répondit :
— Demain, j’aurai l’honneur de le porter moi-même rue Saint-Dominique.
Brantôme conduisit les dames jusqu’à leur voiture et il revint dans son atelier, vibrant d’allégresse, fou de bonheur.
Aimé, il était aimé, le vaillant artiste ; il était aimé de la vierge, son idole, n’imaginant pas l’autre amour qu’il avait inspiré à Antonia, l’horrible guenon, le monstre-femme !
L’amoureux se laissait aller à son rêve, lorsqu’une voix, douce et triste, monta vers lui, en un murmure de sanglots contenus :
— César ! mon César !
Fleur-de-Paris avait peine à se tenir debout ; et, toute livide, elle s’accrochait au dossier du fauteuil de Brantôme :
— Tu l’aimes, n’est-ce pas, cette jolie demoiselle ? reprit humblement la jeune ouvrière, voyant que son ami gardait le silence… Tu avais oublié que j’étais là, dans la chambre… Oh ! ne cherche pas à m’abuser... J’ai vu !... Je sais à quoi m’en tenir !... Déjà, tu m’as menti tout à l’heure... C’est mal !... très mal !...
Il ne découvrait pas un mot à répondre, et Georgette continuait, douloureuse :
— C’est une demoiselle du monde… et moi je ne suis qu’une pauvre petite fille du peuple... Ça ne m’empêchait pas de t’aimer de tout mon cœur... Adieu, César, adieu !
Elle s’en allait, avec une grosse envie de pleurer ; debout, César tendait les bras :
— Georgette !... Ma Georgette... pardon ?...
Sur le seuil de l’atelier, Fleur-de-Paris s’arrêta plus jolie que jamais en sa robe toute simple, le petit carton blanc à la main ; elle exhalait en un sourire mouillé de larmes :
— Je ne t’en veux pas ! Cela devait arriver un jour !... Aime-la bien, et sois heureux !
Elle disparut, légère et gracieuse, laissant Brantôme à son nouvel amour.

Vers sept heures, le jeune artiste était en habit et cravate blanche pour aller, comme presque tous les soirs, dîner au Cosmopolitan-Club, le grand cercle du boulevard des Italiens.
Et, comme il s’enveloppait de son pardessus, Boule-au-Dos lui remis une lettre.
Le sculpteur ouvrit la missive et lut :
« Trouvez-vous cette nuit, onze heures, sur le Pont-National (côté Bercy).
« Un coupé de maître stationnant sur la chaussée, à gauche du premier kiosque, vous y attendra.
« En passant devant la voiture, vous direz ce mot : « César ». On vous répondra par un autre mot : « Amour ». Montez dans le coupé qui vous conduira auprès de la plus grande admiratrice de votre talent et de votre virile beauté. »
César haussa les épaules et enfouit le papier dans une poche.
Oh ! non, l’artiste n’irait pas à ce rendez-vous, quand bien même, au lieu d’une mystification possible, il s’agirait de l’aventure la plus luxurieuse.
Elle avait vraiment bien choisi sa journée, cette inconnue, pour lui écrire, alors que l’apparition de l’idole venait de raviver son amour. Ah ! elle pouvait être jeune, jolie, ardente, désirable ; elle serait Circé, l’enchanteresse, et elle viendrait à lui, que lui ne penserait qu’à Ève !
Au Cosmopolitan-Club, dans le salon de lecture, un ami auquel il montra sa lettre changeait la résolution de Brantôme.
César dîna au cercle, et entre un poker et une banque, il s’étonna de la curiosité qui l’enflammait de connaître le mystère.
Toutes ses hésitations relatives à un mystificateur ou à une prostituée maligne avaient disparu, et, maintenant, il n’eût pas reculé pour l’empire d’Alexandre.

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